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FRENCH VERSION ONLY - BIO, LOCAL, RESPONSABLE - ON NE FAIT PLUS L’ÉPICERIE COMME AVANT

Lara Emond, Premières en affaires, printemps 2020





 

Chaque année, les Québécois dépensent plus de 40 milliards pour se nourrir, et un ménage consacre en moyenne 16 % de son budget à l’alimentation, selon l’Institut de la statistique du Québec. Nos choix alimentaires ont donc un impact important sur l’environnement, sur les conditions de vie des travailleurs et sur les tendances du marché, lequel s’adapte aux besoins des consommateurs. Au cours de la dernière décennie, on a assisté à une conscientisation croissante de la population envers les conséquences de ses choix de consommation,qu’il s’agisse d’acheter une voiture, des vêtements ou de la nourriture. En alimentation, les produits santé, régionaux, locaux ou bio ont vu leur cote de popularité augmenter. On se préoccupe aussi de plus en plus des répercussions écologiques de l’emballage et du transport des aliments. On se pose des questions éthiques plus pointues : cette culture endommage-t-elle les sols? Telle espèce de poisson est-elle en voie de disparition ? Qui a produit mon café, mon thé, mon chocolat ou mon sucre?


«Ces tendances ont un effet certain sur l’état de l’industrie alimentaire, constate Sylvie Cloutier, présidence-directrice générale du Conseil de la transformation alimentaire du Québec. Cette année, certaines de ces tendances vont encourager notre agriculture. Par exemple, en santé, on parle beaucoup de protéines végétales : lentilles, pois chiches et autres, sont des produits dont la consommation est à la hausse.»


L’ANNÉE COVID-19 ET SES CONSÉQUENCES

Évidemment, la pandémie de COVID-19 a elle aussi eu un effet sur nos habitudes, notamment à cause du télétravail et de la fermeture forcée des salles à manger dans les restaurants sur des périodes prolongées.

«Les gens ont cuisiné davantage à la maison et cela a ramené certaines habitudes, dont le petit déjeuner. Bien des gens ne prenaient plus le temps de déjeuner avant d’aller travailler. Dans la dernière année, on a vu une hausse de la demande pour les produits de petits déjeuners. Si l’on regarde seulement les céréales, on a une belle offre de produits québécois. »

Les modèles d’affaires s’adaptent aussi aux tendances, notamment avec l’offre de produits prêts-à-manger ou prêts-à-cuisiner sous forme de boîtes livrées à domicile qui a explosé, avec les Goodfood, WeCook, Cook It, et du côté des céréales à déjeuner, Oatbox.

« Les ventes de ces entreprises ont connu une hausse fulgurante au cours de la dernière année, dit Sylvie Cloutier. Le fait de ne plus pouvoir aller au restaurant, de ne plus voyager, et pour certains, la crainte du virus a favorisé leur essor. »


Un reproche est souvent adressé à cette industrie naissante du prêt-à-cuisiner, toutefois: la question du suremballage.


CONTRE LE GASPILLAGE

À l’autre bout du spectre, on trouve les épiceries zéro déchet, qui permettent au consommateur d’apporter ses propres contenants et d’acheter des ingrédients en vrac, comme c’est le cas de Loco, une entreprise fondée par trois femmes, et qui compte maintenant quatre magasins.

« La tendance à l’antigaspillage et à la réduction des déchets est à la hausse, dit Sylvie Cloutier. On voit la création d’une économie circulaire. Par exemple, des producteurs de pommes de terre ont signé une entente avec la compagnie Loop, pour en faire de la vodka. »


Loop achète des fruits et légumes « mal-aimés », rejetés pour la vente au détail, souvent en raison de leur apparence, et les récupère pour en faire des jus et autres boissons.


Du côté des emballages, on a vu apparaître, surtout dans les produits laitiers, davantage de contenants réutilisables et consignés. C’est le grand retour des pots de lait en verre que l’on peut rapporter à l’épicerie, notamment avec des marques comme La Pinte, Chagnon et Lampron, ou des petits pots de yogourt que l’on peut réutiliser pour ranger ses épices ou de menus objets, comme la gamme Riviera de la Maison Chalifoux.

PRODUITS LOCAUX : DES SPÉCIALISATIONS

En matière d’achats locaux ou responsables, on assiste aussi au développement de produits de plus en plus spécifiques ou associés à une région, comme les produits nordiques, qui proviennent du Saguenay–Lac- Saint-Jean.

Il s’agit d’un créneau d’excellence et d’un programme de certification, AgroBoréal, qui vise à «authentifier des produits qui viennent du territoire boréal québécois et à valoriser des pratiques responsables en cohérence avec des principes de développement durable ».

On valorise ainsi des produits qui sont issus d’une région aux hivers rigoureux, avec une importante couverture neigeuse, un éloignement des autres zones agricoles et un savoir-faire artisanal, entre autres. Ainsi, le lait « nordique » de Nutrinor est réputé provenir de vaches nourries principalement du foin des champs de la région, ce qui aurait une influence sur son goût. •

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